J’entends souvent cette phrase : “il faut sortir de sa zone de confort “, avec cette idée de braver toutes ses peurs, parce qu’une fois qu’on l’aura fait, on sera fier de nous et on aura dédramatisé la situation… Mais ça, c’est à la condition de réussir. Et si ça ne passe pas ? On se rattrapera à un autre concept : c’était une expérience !

Mouais…

Personnellement, aller dans le mur en mode guerrière n’est pas ma tasse de thé. Alors, quoi?

La zone de confort, c’est ce que l’on appelle la fenêtre de tolérance émotionnelle. C’est la zone dans laquelle notre état émotionnel nous permet de nous sentir à l’aise, en pleine possession de nos moyens.
Sortir de cette zone, c’est se trouver en état d’hyperactivation (le coeur s’accélère, on transpire, on tremble, on perd le contrôle de ses émotions), ou bien en hypoactivation (on est figé, paralysé, on ne ressent plus grand chose). Dans les deux cas, le fonctionnement de notre cerveau n’est pas optimal. On peut dire au revoir à une partie de nos capacités d’analyse et de réflexion, il faudra se contenter de notre instinct. Pour certains, ce sera génial, pour d’autres, beaucoup moins.

Y a-t-il une autre solution ? Heureusement, oui. Il s’agit d’élargir notre fenêtre de tolérance émotionnelle. Comment? En travaillant sur les raisons de nos peurs pour les débrancher, et en allant chercher ce qui nous manque pour aborder la situation avec confiance. Parfois, ce sont des ressources déjà présentes en nous (même si nous n’en sommes pas toujours conscients), parfois, nous aurons à les apprendre.

Il y aura probablement une certaine dose d’adrénaline au moment de se lancer, mais à un niveau qui ne bloquera plus le fonctionnement optimal de notre cerveau. Ça peut même devenir un atout, car c’est aussi agréable de sentir son corps galvanisé par cette énergie. Et c’est là que l’on peut être le plus efficace, et on a davantage de chances de réussir et de vivre une belle expérience.

Ce qui m’a donné l’idée d’écrire sur ce sujet, c’est une expérience récente.
Il y a 3 ans, mon prof de danse m’avait demandé de danser devant lui, seule, en totale impro. Je me suis exécutée, pétrie d’appréhension, avec la grâce d’un fer à repasser. Je crois que même son chat riait derrière ses moustaches. À part un sentiment de ridicule et d’incompétence, je n’en ai rien retiré. Enfin, si, l’envie de ne jamais recommencer!

Mais nous avons travaillé sur ce qui me manquait pour me sentir à l’aise. Pendant 3 ans! (Je vous rassure, 3 ans de plaisir, j’adore apprendre, et encore plus avec ce prof génial).
Et il y a un mois, j’entends la phrase fatidique : “Fred, tu sais ce que je vais te demander… je vais te mettre une musique…”
Contre toute attente, je n’ai pas cherché à négocier (“une autre fois, pas aujourd’hui, allez, s’il te plaît, promis, je le ferai la prochaine fois”). J’ai dit ok!
Quand la musique a commencé, j’ai senti cette petite montée d’adrénaline, plutôt sympa d’ailleurs, et je me suis lancée.

Et là, révélation ! Quelques défauts à corriger encore (perfectionniste, moi???), mais un pas de géant était franchi. Et ce fut un grand moment d’émotion pour nous deux, notre travail commun trouvait son aboutissement. Je ne sais pas ce qu’en a pensé le chat, mais peu importe!

Cette expérience peut vous sembler anodine. Après tout, c’est vrai, je ne jouais pas ma vie, ni ma carrière. Mais pour moi, c’était important, la danse est ma passion et c’est un grand moteur dans ma vie. Et au fond, peu importe. Ce qui a été valable ici l’est tout autant dans n’importe quelle situation, dès lors que c’est important pour nous. Prendre la parole en public, poser ses limites face à un chef qui abuse, exprimer ses attentes à un conjoint, chacun a ses propres enjeux.

Si vous aussi vous avez en tête une expérience dans laquelle vous n’osez pas vous lancer, je vous propose de prendre un temps pour réfléchir à ce qui vous bloque (quelles peurs précisément ?) et ce qui vous manque pour aborder cette situation plus sereinement : quelles sont les ressources dont vous avez besoin? Vous pouvez coucher tout ça sur papier.
Choisissez une ressource dans cette liste et posez-vous ces questions : est-ce une ressource que je peux acquérir en apprenant? Y a-t-il une situation dans ma vie où j’ai fait preuve de cette ressource dans un autre contexte?

Je suis certaine que vous pourrez trouver des trésors au cours de cette réflexion.
Et si vous trouvez que c’est difficile de le faire seul, et souhaitez un guide pour vous mener au trésor, n’hésitez pas à m’envoyer un message à info@itacom.fr pour avoir les coordonnées d’un psychopraticien Ita’com qui pourra vous guider pour trouver toutes les ressources en vous.