Deux titres pour une même activité de professionnel en thérapie : devenir psychothérapeute ou psychopraticien ?

La recherche « formation psychothérapeute » est tapée environ 600 fois par mois sur Google.

Je constate que beaucoup de personnes utilisent encore souvent le terme de psychothérapeute pour en fait désigner un métier qui n’est plus autorisé aujourd’hui à utiliser ce titre.

En effet, depuis le décret d’application du 20 mai 2010 de la loi sur la politique de santé de 2004, l’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux personnes qui ont effectué la formation psychothérapeute, dont l’accès est réservé aux psychologues, psychiatres et médecins.

Pourquoi le métier de psychothérapeute a-t-il été réglementé ?

Avant 2010, celui que l’on nommait psychothérapeute était celui dont la formation principale était son travail de développement personnel, et qui avait en général complété son expérience par des apprentissages en centres privés de formation en psychothérapie.

Pourquoi avoir choisi de réglementer la voie pour devenir psychothérapeute ?

Il semblerait que le but était de « faire le ménage » dans la profession, en empêchant ceux qui ne sortaient pas du sérail universitaire d’exercer en utilisant un titre pouvant être considéré par le public comme un égal du psychologue ou du psychiatre. J’imagine bien que l’objectif plus assumé était de limiter certaines dérives, qui sont bien réelles. Malheureusement, cela n’aura rien changé à ce niveau.

La formation psychothérapeute

Cette formation psychothérapeute comprend 400 heures de psychopathologie clinique et 5 mois de stage dans un centre agréé.

Qui peut y accéder ? Les titulaires d’un Master 2 en psychologie clinique, les psychiatres et les docteurs en médecine, avec une version allégée du programme. Sous certaines conditions, les psychanalystes peuvent également y accéder.

Et c’est là où je m’interroge …

La formation en psychanalyse

Quelle formation a-t-on suivi pour devenir psychanalyste? Et bien, en fait, il n’y a pas de formation ! Le psychanalyste doit avoir réalisé sa propre analyse, et être recommandé ou agréé par un psychanalyste… un peu comme les psychothérapeutes d’avant 2011, en fait!

La psychanalyse est aujourd’hui complètement dépassée, même si, aussi aberrant que ce soit, elle fait encore partie intégrante aujourd’hui du cursus universitaire des psychologues cliniciens. Mais on en fait une voie d’accès pour un titre officiel censé apporter un gage de professionnalisme…

La France est un des derniers pays au monde à laisser une telle place à la psychanalyse freudienne. Les universités d’autres pays, américains, belges, etc., ont depuis longtemps changé leurs programmes, délaissant une approche dont les résultats sont pour le moins insuffisants.

Tout le système de la psychologie en France, du cursus universitaire aux critères de sélection ne serait-il pas à revoir? Peut-être, en tous cas, c’est mon humble avis.

Quoiqu’il en soit, nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de tenir compte de ce cadre légal qui s’impose à nous. Qu’est ce que cela a changé ?

Que sont devenus les psychothérapeutes d’avant la réforme ?

En fait, ils n’ont pas disparu, bien au contraire, ils ont simplement changé d’appellation. Désormais, on utilise les titres de psychopraticien, praticien en psychothérapie, praticien en relation d’aide, etc…

Qu’est ce que cela change pour nous? … Rien !!! Il ne s’agit que d’un nom, car nous continuons à exercer la même activité.

Comment exercer comme psychopraticien aujourd’hui : cadre légal, formations et débouchés

Il n’y a pas réellement de cadre légal défini, la profession de praticien en psychothérapie s’inscrit par défaut : nous ne sommes ni psychologues, ni psychiatres, ni psychothérapeutes, mais nous sommes tout à fait autorisés à accompagner des personnes dans un travail de psychothérapie.

D’ailleurs, nous pouvons relever avec un sourire le fait que nous ne soyons pas autorisés à utiliser le titre « psychothérapeute », mais qu’en revanche nous ayons le droit de nous appeler « praticien en psychothérapie »!

Formation psychopraticien

Il n’y a pas de formation officielle menant à ce métier de psychopraticien, puisque le point de départ est le travail sur soi du thérapeute et la complétion par des formations librement choisies en fonction des expériences, des affinités de chacun.

Est-ce dommage, devrait-on prévoir une formation de psychothérapie générique ?

A mon sens, surtout pas!

Ce qui nous conduit à embrasser ce métier est notre propre histoire, nos expériences, et il serait triste de normaliser une formation de psychothérapie pour faire entrer tout le monde dans le même moule. C’est la spécificité, la personnalité de chacun qui permet d’avoir un panel de thérapeutes suffisamment large pour que chacun souhaitant suivre une thérapie puisse sélectionner l’approche et le professionnel qui lui correspond.

Car nous ne nous confions pas de la même manière à un homme, à une femme, à une personne ayant une voix douce ou plutôt grave et posée, et puis aussi, selon les techniques proposées nous aurons tous des réactions différentes.

Je suis donc pour un libre choix de la formation du psychopraticien. Mais, oui, il y a un mais! Je pense qu’il y a tout de même des conditions qui devraient être remplies au niveau des centres de formation en psychothérapie pour que chaque thérapeute puisse exercer ce métier avec aisance et compétence.

Quels sont les critères d’une bonne formation en psychothérapie ?

Il me semble évident qu’il est nécessaire pour devenir professionnel de la relation d’aide d’avoir un socle de connaissances théoriques en psychologie suffisant.

Car pour réaliser un travail de qualité en psychothérapie, il ne suffit pas d’écouter, même avec toute l’empathie et la bienveillance du monde. Il est fondamental de capter dans le discours de la personne qui consulte tous les éléments qui nous mettent sur la voie de l’origine du problème. Et cela suppose d’avoir en tête toutes les bases nécessaires en psychologie pour pouvoir faire des liens pertinents.

La théorie au service de la pratique

Quand je parle de théorie, je ne fais pas référence à un bagage culturel dans le domaine psycho. Pour ma part, je ne suis pas une férue d’histoire et cela n’a que peu d’intérêt en séance. Non, ce qui me semble essentiel concerne les connaissances qui trouvent leur application concrète en séance face à un client. Par exemple, connaître le lien entre un manque de valorisation étant enfant et une course effrénée à la reconnaissance devenu adulte, ou encore les mécanismes du traumatisme au niveau du cerveau pour mieux comprendre ce qui se joue dans la tête d’une personne ayant subi de la violence ou des abus sexuels.

C’est ce qui peut manquer dans certaines formations orientées sur des techniques précises comme l’hypnose, la sophrologie ou d’autres. Ces métiers reposent sur de réelles compétences techniques, et je ne mets pas en doute les possibilités qu’elles offrent. Néanmoins un module de théorie de la psychologie devrait faire partie intégrante du cursus de tout professionnel dans le domaine de la thérapie psycho-émotionnelle, quelle que soit son approche, ce qui n’est pas toujours le cas dans beaucoup d’école, et je trouve cela bien dommage.

Il me semble cardinal d’envisager la théorie comme support de pratique, c’est à dire que chaque élément de théorie doit pouvoir être mis en regard de son application concrète en face à face avec un patient.

Par exemple, on ne peut espérer avoir de résultats concrets sur une phobie sans en avoir compris tous les ressorts.

Voilà pour la partie théorique, parlons maintenant de l’autre aspect fondamental d’une formation en psychothérapie : la pratique.

Pratiquer, s’entraîner pendant le cursus de formation

Certaines formations peuvent proposer un contenu étendu en théorie, qui peut ,certes, être très intéressant d’un point de vue intellectuel. Mais en tant qu’ organisme de formation, la question cruciale que nous avons à nous poser est : comment construire mon programme pour que l’apprenant sache se servir de ces connaissances lorsqu’il est face à une personne qui le consulte pour des problèmes bien concrets: « Je n’ai pas confiance en moi », « ça va mal dans mon couple », « Je me sens au bord du burn-out », etc.

Il ne suffit pas à ce moment là de « déballer » ses acquis théoriques, il est crucial de savoir quelles questions poser, et aussi quoi faire des réponses pour affiner la compréhension du problème, remonter à son origine pour traiter la cause originelle.

Et c’est là où l’entraînement à la pratique est la clé, et cette mise en pratique au cours de la formation ne devrait jamais être une option.

Sans cette observation par le formateur de l’apprenant en situation, comment peut-il évaluer sa capacité à accompagner qui que ce soit?

L’approche clinique (clinique signifie face à face ndlr) est à la fois la plus importante et aussi la plus compliquée des compétences à transmettre pour un centre de formation. Car il n’existe pas de protocole universel, chaque personne suivie est unique, chaque séance de psychothérapie l’est aussi.

Gérer la relation d’aide suppose une certaine adaptabilité et aussi de la dextérité.

Toute école visant la compétence de ses apprenants le sait bien, ce n’est pas chose facile que de conduire un apprenant vers ce savoir être et savoir faire.

Conduire une psychothérapie efficace suppose de savoir orienter les échanges, d’être capable de définir un objectif thérapeutique, et d’être aussi en mesure de choisir et guider la technique appropriée pour apporter l’évolution nécessaire de la personne.

Nous ne pouvons décemment pas imaginer valider une telle compétence sur la base d’ un QCM!

La personne qui choisit de s’orienter sur une formation en psychothérapie a en règle générale l’objectif d’ouvrir son propre cabinet de thérapeute, puisque en dehors de cela, les possibilités d’exercer sont restreintes.

Il lui faudra plus que de la culture en psychologie pour répondre aux attentes des clients. L’alliance thérapeutique, gage de réussite dans l’évolution de la personne, suppose la maîtrise théorique et technique, l’aisance et la fluidité dans le contact humain, la capacité à développer un parcours de soins pour chaque cas.

Avec chaque client, il est indispensable de gagner sa confiance, et sauf manipulation, celle-ci se gagne par la preuve de la capacité du praticien à amener son client vers l’évolution souhaitée.

Si l’on souhaite exercer en libéral, réussir à lancer son cabinet, vivre de son activité, il faut alors choisir soigneusement son centre de formation.

Le choix est vaste, l’offre est très étendue, mais je vous recommande de tenir compte des critères évoqués précédemment pour valider votre orientation.

Est ce qu’une formation en psychothérapie à distance permet réellement de valider théorie et pratique ?

La réponse est oui, à partir du moment où l’école prévoit de dispenser des cours incluant suffisamment de pratique, avec une méthode permettant d’amener l’apprenant vers la fluidité dans la conduite de séance.

Comment peut-on exercer de manière pratique dans le cadre d’une formation de psychopraticien en ligne?

Nous avons cette chance de vivre à une époque où la technologie peut réellement compenser la distance. Les possibilités de thérapie en visio sont réelles.

Pour pratiquer moi-même des accompagnements en visio, je peux assurer de l’équivalence en termes d’effet avec un accompagnement en présentiel. J’irais même plus loin, pour certaines personnes, la parole est davantage libérée dans le sentiment de sécurité de leur foyer.

Ce qui est possible en suivi thérapeutique l’est donc nécessairement aussi en formation.

C’est pourquoi je propose des ateliers de mise en pratique par visio conférences. Ces ateliers se déroulent en groupe, et au cours de ceux ci je propose des cas réels de séance pour s’entraîner à la réalité du terrain, mais j’invite également les apprenants à participer personnellement en soumettant leur propre cas. L’intérêt est double: les autres participants peuvent faire un entraînement grandeur nature avec ma supervision, et la personne qui s’est proposée peut expérimenter sur elle même les techniques apprises.

Je me souviens d’une personne que j’ai eu la chance de former à la PNL et qui a fait cette expérience d’une technique apprise. Sa réflexion a été « ah oui, ça ne fait pas du tout pareil ! J’avais bien compris le principe, mais là, c’est juste énorme ! »

Oui, la psychothérapie, ça se vit!

C’est pour cette raison que je mise sur la pratique des deux côtés du suivi en psychothérapie tout au long du cursus de psychopraticien ou des modules unitaires que je propose.

Devenir psychothérapeute… oups, psychopraticien ! C’est un ensemble de savoirs, du savoir faire au savoir être, et tout cela, ça s’apprend.

De la qualité de la formation dépend le succès de votre activité.

Si vous souhaitez découvrir notre parcours de formation psychopraticien, c’est ici : https://itacom.fr/notre-formation/

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