Le secret

Rédigé par Frédérique ROBIN

L’envie d’aider les autres : un critère pour devenir psychothérapeute ?

Très souvent, ce qui nous pousse à vouloir devenir psychopraticien est de vouloir aider les autres. Et il n’y a pas de hasard, si nous envisageons d’en faire un métier, c’est bien souvent parce que c’est une chose que nous faisons naturellement, instinctivement. Et qui plus est, parce que nous aimons faire plaisir, apporter du bien-être aux autres.

Et parce que nous avons ce talent en nous qui nous permet de deviner les besoins des autres, et que nous avons de réelles compétences pour y parvenir, il n’y a qu’un pas vite franchi pour considérer que c’est un métier fait pour nous.

Et c’est certainement vrai.

Mais il y a d’autres paramètres auxquels nous devons prêter attention pour pouvoir réussir dans ce métier.

Le risque de vouloir « sauver les autres »

En analyse transactionnelle, nous abordons le concept du triangle de Karpman, ou triangle dramatique, dans lequel nous décrivons trois positions : Victime – Persécuteur – Sauveteur.

Vouloir aider l’autre, sans y trouver pour soi-même un intérêt particulier, revient à la position de Sauveteur dans le triangle de Karpman. Hélas, cette position nous conduit inexorablement à un renversement, au cours duquel nous nous retrouverons tôt ou tard en situation de Victime ou de Persécuteur, et les séances tourneront court.  

Pourquoi ? Parce que s’imaginer « sauver l’autre » revient à admettre qu’il est en situation d’infériorité par rapport à nous. Et même s’il démontre une certaine reconnaissance, tôt ou tard, il se retournera contre son sauveur, pour pouvoir s’affranchir de son statut de victime. Ce que l’on peut aisément comprendre : qui aurait envie de rester dans la position de celui qu’on sauve parce qu’il n’est pas en mesure de le faire seul ?

S’épanouir en tant que thérapeute

Pour  être heureux dans ce métier, réussir sa carrière, il  est cardinal d’y trouver des sources de satisfaction à partir de ce qui nous est propre. Je pourrais le formuler autrement, et dire que pour être un bon thérapeute, il est fondamental d’être aussi égoïste !

Alors bien sûr, les personnes qui aiment être dans la relation d’aide, et moi y compris, vous diront que c’est déjà une source de satisfaction. Certes, c’est vrai aussi. Mais qu’est-ce qui nous pousse à choisir ce métier précisément, alors que nous pouvons aider au travers d’autres professions ? Pourquoi ne pas choisir d’être travailleur social ou infirmier ? Ou encore décorateur d’intérieur ou médiateur ? Après tout, les métiers qui conduisent à apporter du positif dans la vie des autres sont nombreux.

Et bien c’est là que réside le secret.

C’est en trouvant en quoi ce métier vous parle que vous pourrez mettre le doigt sur votre zone de talent, d’envie. Et c’est dans cette dimension de votre personnalité que vous saurez faire la différence pour vos clients. Plus nous sommes dans le plaisir de notre activité, plus nous sommes passionnés, et plus il est facile et agréable d’apprendre. Ainsi, la montée en compétences devient une source de plaisir supplémentaire.

Je vais prendre mon propre exemple : bien sûr, j’aime apporter de l’aide, mais je trouve dans ce métier des satisfactions liées à ce que je suis. Par exemple, je suis une personne qui aime décortiquer, apprendre et comprendre, cela me pousse à chercher sans cesse, et à élaborer des hypothèses pour avancer. J’aime aussi créer, et pour cette raison, il m’arrive d’inventer des exercices. Je suis quelqu’un qui se lasse vite, et je déteste ce qui est répétitif, alors j’ai recours à différents courants de thérapie. J’aime rire, alors mes séances ne sont pas d’un froid glacial. J’aime les échanges qui ont de la profondeur. J’aime mener des enquêtes, alors pour chaque problème posé, je prends plaisir à rechercher la cause originelle.

Comment savoir si nous sommes dans une bonne posture de thérapeute ?

Comment savoir si le métier de psychopraticien est celui qui nous correspond, si l’on peut s’épanouir en l’exerçant, sans tomber dans un rôle de sauveteur ? Il suffit de se poser certaines questions.  

La première à se poser est « Qui suis-je ? ». En effet, comment savoir ce qui me correspond si je n’ai pas réellement cerné ma propre personnalité.

La question suivante est : « Qu’est-ce qui me réjouit ? Qu’est-ce que j’aime faire ? ». Il est intéressant de mettre de côté la réponse « aider les autres ». Ainsi les réponses qui émergeront concerneront nos désirs propres.

Il est intéressant par ailleurs de se demander quels seront les bénéfices que nous tirons de l’aide aux autres. Pour cela, il est éclairant de se poser quelques minutes pour explorer nos ressentis lorsque nous nous concentrons sur l’aide aux autres. Qu’est-ce que cela vous fait, quelle sensation cela vous procure à l’idée d’être aidant pour les autres ? Quelle image de vous cela renvoie ? Y a-t-il derrière cette envie d’aider un besoin de reconnaissance, une recherche d’un sentiment de valeur ?

La différence entre « accompagner » et « sauver »

Mais alors, serait-il malvenu de vouloir aider ? Heureusement, non ! Et j’espère que mon propos ne sera pas perçu en ce sens. Mais nous avons à distinguer l’aide que nous apportons au travers de notre compétences, de la volonté de sauver le monde, qui, elle, répond davantage aux besoins d’un ego blessé.

Accompagner l’autre, c’est lui permettre de se sauver lui-même, si tant est qu’il ait besoin d’être sauvé. Peut-être est-il préférable de parler d’évolution que de sauvetage. Notre métier consiste à mettre à sa disposition des connaissances et des techniques (d’écoute, de résolution) pour qu’il puisse trouver ses propres clés d’évolution. A partir du moment où notre client paie sa consultation, et donc notre service, nous agissons en professionnel qui déploie ses compétences pour remplir sa mission. Bien sûr, nous pouvons faire toujours de notre mieux, mais tout comme n’importe quel autre professionnel qui œuvre pour atteindre les objectifs de son client. Le fait de travailler au cœur de l’humain, sur l’intime de la personne ne doit pas nous faire oublier ce paramètre.

Pour résumer, nous ne sauvons pas, nous accompagnons en mettant en œuvre ce que nous savons faire.

Et c’est ce à quoi nous travaillons ensemble lors du cours sur la « Posture du Thérapeute », qui est un des modules compris dans notre formation pour devenir psychothérapeute.

Le secret

Rédigé par Frédérique ROBIN

L’envie d’aider les autres : un critère pour devenir psychothérapeute ?

Très souvent, ce qui nous pousse à vouloir devenir psychopraticien est de vouloir aider les autres. Et il n’y a pas de hasard, si nous envisageons d’en faire un métier, c’est bien souvent parce que c’est une chose que nous faisons naturellement, instinctivement. Et qui plus est, parce que nous aimons faire plaisir, apporter du bien-être aux autres.

Et parce que nous avons ce talent en nous qui nous permet de deviner les besoins des autres, et que nous avons de réelles compétences pour y parvenir, il n’y a qu’un pas vite franchi pour considérer que c’est un métier fait pour nous.

Et c’est certainement vrai.

Mais il y a d’autres paramètres auxquels nous devons prêter attention pour pouvoir réussir dans ce métier.

Le risque de vouloir « sauver les autres »

En analyse transactionnelle, nous abordons le concept du triangle de Karpman, ou triangle dramatique, dans lequel nous décrivons trois positions : Victime – Persécuteur – Sauveteur.

Vouloir aider l’autre, sans y trouver pour soi-même un intérêt particulier, revient à la position de Sauveteur dans le triangle de Karpman. Hélas, cette position nous conduit inexorablement à un renversement, au cours duquel nous nous retrouverons tôt ou tard en situation de Victime ou de Persécuteur, et les séances tourneront court.  

Pourquoi ? Parce que s’imaginer « sauver l’autre » revient à admettre qu’il est en situation d’infériorité par rapport à nous. Et même s’il démontre une certaine reconnaissance, tôt ou tard, il se retournera contre son sauveur, pour pouvoir s’affranchir de son statut de victime. Ce que l’on peut aisément comprendre : qui aurait envie de rester dans la position de celui qu’on sauve parce qu’il n’est pas en mesure de le faire seul ?

S’épanouir en tant que thérapeute

Pour  être heureux dans ce métier, réussir sa carrière, il  est cardinal d’y trouver des sources de satisfaction à partir de ce qui nous est propre. Je pourrais le formuler autrement, et dire que pour être un bon thérapeute, il est fondamental d’être aussi égoïste !

Alors bien sûr, les personnes qui aiment être dans la relation d’aide, et moi y compris, vous diront que c’est déjà une source de satisfaction. Certes, c’est vrai aussi. Mais qu’est-ce qui nous pousse à choisir ce métier précisément, alors que nous pouvons aider au travers d’autres professions ? Pourquoi ne pas choisir d’être travailleur social ou infirmier ? Ou encore décorateur d’intérieur ou médiateur ? Après tout, les métiers qui conduisent à apporter du positif dans la vie des autres sont nombreux.

Et bien c’est là que réside le secret.

C’est en trouvant en quoi ce métier vous parle que vous pourrez mettre le doigt sur votre zone de talent, d’envie. Et c’est dans cette dimension de votre personnalité que vous saurez faire la différence pour vos clients. Plus nous sommes dans le plaisir de notre activité, plus nous sommes passionnés, et plus il est facile et agréable d’apprendre. Ainsi, la montée en compétences devient une source de plaisir supplémentaire.

Je vais prendre mon propre exemple : bien sûr, j’aime apporter de l’aide, mais je trouve dans ce métier des satisfactions liées à ce que je suis. Par exemple, je suis une personne qui aime décortiquer, apprendre et comprendre, cela me pousse à chercher sans cesse, et à élaborer des hypothèses pour avancer. J’aime aussi créer, et pour cette raison, il m’arrive d’inventer des exercices. Je suis quelqu’un qui se lasse vite, et je déteste ce qui est répétitif, alors j’ai recours à différents courants de thérapie. J’aime rire, alors mes séances ne sont pas d’un froid glacial. J’aime les échanges qui ont de la profondeur. J’aime mener des enquêtes, alors pour chaque problème posé, je prends plaisir à rechercher la cause originelle.

Comment savoir si nous sommes dans une bonne posture de thérapeute ?

Comment savoir si le métier de psychopraticien est celui qui nous correspond, si l’on peut s’épanouir en l’exerçant, sans tomber dans un rôle de sauveteur ? Il suffit de se poser certaines questions.  

La première à se poser est « Qui suis-je ? ». En effet, comment savoir ce qui me correspond si je n’ai pas réellement cerné ma propre personnalité.

La question suivante est : « Qu’est-ce qui me réjouit ? Qu’est-ce que j’aime faire ? ». Il est intéressant de mettre de côté la réponse « aider les autres ». Ainsi les réponses qui émergeront concerneront nos désirs propres.

Il est intéressant par ailleurs de se demander quels seront les bénéfices que nous tirons de l’aide aux autres. Pour cela, il est éclairant de se poser quelques minutes pour explorer nos ressentis lorsque nous nous concentrons sur l’aide aux autres. Qu’est-ce que cela vous fait, quelle sensation cela vous procure à l’idée d’être aidant pour les autres ? Quelle image de vous cela renvoie ? Y a-t-il derrière cette envie d’aider un besoin de reconnaissance, une recherche d’un sentiment de valeur ?

La différence entre « accompagner » et « sauver »

Mais alors, serait-il malvenu de vouloir aider ? Heureusement, non ! Et j’espère que mon propos ne sera pas perçu en ce sens. Mais nous avons à distinguer l’aide que nous apportons au travers de notre compétences, de la volonté de sauver le monde, qui, elle, répond davantage aux besoins d’un ego blessé.

Accompagner l’autre, c’est lui permettre de se sauver lui-même, si tant est qu’il ait besoin d’être sauvé. Peut-être est-il préférable de parler d’évolution que de sauvetage. Notre métier consiste à mettre à sa disposition des connaissances et des techniques (d’écoute, de résolution) pour qu’il puisse trouver ses propres clés d’évolution. A partir du moment où notre client paie sa consultation, et donc notre service, nous agissons en professionnel qui déploie ses compétences pour remplir sa mission. Bien sûr, nous pouvons faire toujours de notre mieux, mais tout comme n’importe quel autre professionnel qui œuvre pour atteindre les objectifs de son client. Le fait de travailler au cœur de l’humain, sur l’intime de la personne ne doit pas nous faire oublier ce paramètre.

Pour résumer, nous ne sauvons pas, nous accompagnons en mettant en œuvre ce que nous savons faire.

Et c’est ce à quoi nous travaillons ensemble lors du cours sur la « Posture du Thérapeute », qui est un des modules compris dans notre formation pour devenir psychothérapeute.